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contribution 03 - MUNA Bernard Acho

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Plaider coupable - Kambanda

Bernard MUNA

version traduite

Je souhaiterais manifester mon accord avec ce qui s’est dit concernant Kambanda, car moi même et Monsieur Othman assis ici à mes côtés avons travaillé d’arrache pied sur cette affaire. Nous avons été entendus de nombreuses fois sur cette question, et nous avons dit qu’il fallait tenir compte du fait qu’il ait plaidé coupable dans dans la peine que l’on allait lui infliger. Nous avons été déçus quand le Procureur a dit : « Non, nous allons essayer d’obtenir la peine capitale, c’est à dire l’emprisonnement à vie », nous avons essayé Monsieur Othman et moi à convaincre le Bureau du Procureur car le camp Kambanda a été le premier exemple, mais qui n’a pas été très concluant.

Je pense que la position qui a été adoptée plus tard par le Tribunal après notre départ est de loin meilleure. Nous avons été deuxièmement déçus parce que les juges me semble t il auraient pu jouer leur rôle, même si le Procureur avait demandé la peine d’emprisonnement à vie, les juges auraient dû iouer leur rôle et dire : non, cette personne a plaidé coupable, et en raison du Statut, il aurait dû en tirer bénéfice. Car le plaider coupable de Kambanda quand bien même nous avons pris des dispositions pour sa famille, en en dernière analyse, il n’en a pas trop tiré profit, il n’a pas tiré profit du fait d’avoir dit la vérité et d’avoir plaidé coupable. Et en réalité, ce plaider coupable a empêché que d’autres ne lui emboîtent le pas.

Le problème, c’est que la peine qui lui a été infligée, comme je le disait, était la peine maximum. Comment comparer quelqu’un qui a plaidé coupable et qui est condamné à la peine maximale... et plus tard, nous avons quelqu’un qui, à l’issu d’un procès étant donné qu’il n’a pas plaidé coupable se voit affligé la même peine ?

Nous sommes heureux de constater que les choses ont évolué au sein du Tribunal aujourd’hui et que d’autres personnes aient tiré un profit du plaider coupable.

L’autre dimension que je voulais soulever ici, a trait à la question de la détention. Nous avions rencontré de nombreux éceuils à l’époque, car Kambanda a été sorti de sa cellule et a été placé dans une autre ville à cause des dangers qu’il y avait à l’époque. Amnesty international et (inaudible) international nous ont presque crucifiés car ils disaient que l’on avait enlevé Kambanda en quelque sorte.

Cependant, je crois et je suis intimement convaincu que le plaider coupable devrait jouer un rôle dans le processus de réconciliation. Nous n’en avons pas parlé suffisamment. Est ce que ce Tribunal a atteint les objectifs qui lui avaient été assignés dans les Statuts, à savoir aider à la réconciliation ?

C’est une chose que de le dire, mais encore faudrait il que ça se voit.

Certaines personnes ont parlé des Gacaca. Mon expérience personnelle et ma position est que peut être les Gacaca ont joué un rôle beaucoup plus grand dans le processus de réconciliation que le Tribunal, même si le Tribunal a fait beaucoup pour établir l’histoire du génocide et a mené de nombreuses enquêtes. Je pense dans le même temps, on devrait se poser la question de savoir qu’est ce que le Tribunal a réellement fait, et est ce qu’il a été efficace dans le domaine la réconciliation.
M. GARAPON :
On abordera plutôt vers la fin cette question de réconciliation. On voit à quel point le Tribunal a été pris dans des impératifs contradictoires, l’impératif de signifier la gravité du crime de génocide et de rétribuer la collaboration, et cette difficulté de poursuivre en même temps la justice et la réconciliation.

Vincent Lurquin a demandé la parole, et ensuite, Joseph.

A. GARAPON

On abordera cette question de réconciliation plutôt vers la fin. On voit à quel point le Tribunal a été pris dans des impératifs contradictoires, l’impératif de signifier la gravité du crime de génocide et de rétribuer la collaboration, et cette difficulté de poursuivre en même temps la justice et la réconciliation.

Vincent Lurquin a demandé la parole, et ensuite, Joseph Nagarambe