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contribution 29 - MUNA Bernard Acho

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Place des victimes dans la procédure

Bernard MUNA

version traduite

Je vous remercie, Monsieur le Président.

J’ai écouté très attentivement mon éloquent confrère, Monsieur Roux, qui dit que lorsqu’il voit l’accusé, il a devant lui un homme. C’est valable pour nous aussi. Nous voyons un homme en face de nous. Et vous savez, ces crimes sont des crimes contre l’humanité. Il ne faudrait pas oublier cela. Ce sont des crimes contre l’humanité, c’est-à-dire que c’est une attaque qui vise l’espèce humaine.

Et nous pouvons dire, comme j’ai déjà eu l’occasion de le faire, que la société humaine est l’une des parties au procès, et parfois, nous ignorons les conséquences des actes de génocide et nous n’en rendons pas compte à la société où ces crimes ont eu lieu.

Ensuite, lorsque nous, en tant que procureurs, lorsque j’examine le dossier d’un accusé, je vois à travers ce dossier des enfants qui sont morts, je vois des enfants qui sont torturés, etc. Je ne vois pas l’accusé comme une abstraction ou comme une entité abstraite. Non, c’est quelqu’un, nous ne pouvons pas séparer cette personne de ce qu’elle a fait, de ce qu’elle a commis comme acte.

Donc, nous faisons comme si la seule partie importante au procès, c’est l’accusé. Bien entendu que l’accusé est la personne visible, qui risque de perdre sa propre liberté, mais la vérité, c’est qu’il y a d’autres parties qui ont peut-être disparu, qui ne vivent plus, qui ont été mutilées, qui ont été violées.

Et il faudrait accorder, il faudrait envisager cela avec une certaine équité si nous voulons construire un Tribunal qui va juger les crimes contre l’humanité. Nous devons considérer que les parties à ce procès représentent un ensemble plus vaste que l’accusé et le procureur. Il y a des témoins, il y a la société, et si nous procédons de cette manière, nous aurons une approche plus objective des crimes contre l’humanité pour que cela puisse être uniforme dans l’avenir.

A. GARAPON

Une autre intervention. Vincent Lurquin, puis Silvana Arbia, James Stewart et Jean Haguma. Je vous demanderais d’être courts, vu que le temps approche...